Freebooter’s Fate, le jeu d’escarmouche avec des flibustiers, du rhum et du vaudou

Pour ce seizième article du calendrier de l’avent 2017, Escrivio va nous parler de Freebooter’s Fate, un jeu d’escarmouche à l’âge d’or des pirates et des sorciers vaudous.

Hop là ho ! Une bouteille de rhum ! Ah vous voilà, bande de fieffés gredins…Hein, quoi, la pilule bleue, bien sûr que je l’aie prise…

C’est juste qu’aujourd’hui je me proposais de faire un petit portrait de famille Freebooter, façon Casus Belli des belles années, alors autant être dans le thème, non ?  Bon, d’accord… 

“Everyone is a child of the sea” – Captain Whitebeard – One Piece

Et comme tout le monde je ne fais pas exception… J’ai toujours adoré les pirates.  Du Pirates de Sid Meier dans les années 80  à la série des Monkey Island, de Long John Silver à Jack Sparrow, autant dire que je ne pouvais en aucun cas échapper aux charmes d’un jeu portant haut les couleurs du Jolly Roger.

J’ai découvert Freebooter par hasard en 2016 en écumant les allées bondées du Spiel à Essen, au détour d’une de leurs magnifiques tables de jungle de 120x120cm.

Table Freebooter photographiée par Rech (tous droits réservés, source : Forum Tric-Trac)

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir une gamme très complète de figurines en métal 30mm, développée avec amour depuis 2010 par Werner Klocke , sculpteur Allemand ayant un palmarès assez impressionnant depuis plus de trente ans (Games Workshop, Excalibur, Rackham, Reaper, Wizkids…) et ses comparses.

Werner Klocke himself (source : witchhunter.net)

Freebooter’s Fate comporte huit factions aux personnalités bien trempées, dont les différents membres viennent accompagnés de cartes présentant leurs statistiques individuelles et leurs coût d’acquisition.

À l’unité ou regroupées en starters, on y retrouve les Amazones, la Confrérie, les Gobelins Pirates, l’Armada Impériale, les Pirates, les Mercenaires et le Culte.

Pour ma part, je me suis laissé ensorceler par l’un de ses plus illustres émissaires de cette dernière faction, j’ai nommé : Jeudi  ;)

Sculpté par Werner Klocke, peint par Rafael Mattick – © Freeboter Miniatures

Outre l’esthétique très soignée des modèles les plus récents – les premiers avaient des têtes un peu triangulaires -, la disponibilité du livre de règles de base et des cartes de jeu dans la langue de Molière depuis février 2017 ont levé les derniers freins pour ma part.

Oui, j’ai bien dit « cartes de jeux » ; en autre particularité, ce jeu ne se pratique pas avec des dés, mais avec un deck de cartes dont on connait la composition, ce qui limite le facteur chance de manière appréciable…

Mais nous y reviendrons dans quelques instants, un peu de patience, moussaillons !

« Dans la galère capitane, nous étions quatre vingts rameurs » – Nougaro

La gamme comprend donc un tronc principal composé de :

  • Un livre de base d’une grosse centaine de pages, comprenant toutes les règles, le fluff de l’univers agrémenté de textes d’ambiance de bon aloi, la description des 5 factions initiales du jeu – les différents Pirates, l’Armada, la Confrérie et les Mercenaires -, et 6 scénarios.
  • Un set de cartes, comprenant 40 cartes Destin numérotées de 1 à 10 et portant divers symboles, 2 x 6 cartes Localisation pour les blessures, et 12 cartes Evènements.  Un seul set est nécessaire pour jouer, quelque soit le nombre de joueurs ou de personnages impliqués.
  • D’autres sets de cartes optionnels, concernant d’autres équipements permettant de changer la donne ou de disposer d’autres objectifs secondaires, qui ne seront pas utiles dans vos premières parties.
Exemples de cartes Personnage, Localisation, Destin et Evènement – © Freebooter Miniatures

À ce tronc commun, viennent se greffer des suppléments de background / règles,  enrichissant encore les possibilités du jeu :

  • Deep Jungle, qui présente la faction des farouches Amazones, qui sévissent dans les jungles de Leonera et contient des renforts pour les 5 factions initiales et de nouveaux scénarios.
  • Mystic Spirits, qui donne le coup d’envoi pour la faction du Culte, précise les règles de magie autour des Loas, propose de nouveaux personnages dont des mercenaires experts de cette sorcellerie vaudou pour les incorporer dans les autres factions, du fluff d’excellente facture et des scénarios pour couronner le tout.
    Ce supplément impliquera l’acquisition d’un set de cartes Loa complémentaires pour être exploitable en jeu (28 cartes Loa, 12 cartes Invocation et 15 cartes d’équipements mystiques).

 

  • Raging Rivers, qui introduit les règles de navigation et d’action pour tous types d’embarcation , des gabarits d’îles et 4 scénarios. Vous pouvez également compléter les éléments fournis par ce livre avec un set de cartes équipements spécifique. (Je n’en dispose pas encore mais c’est au budget…)
© Freebooter Miniatures

Et des trois tomes intitulés Tales of Longfall au riche contenu :  scénarios, aides de jeux diverses et variées, fluff en pagaille, un vrai régal !!!

© Freebooter Miniatures

On  signalera l’existence d’une boite spéciale, Wolfgang Mortar’s School, comprenant deux figurines de Spécialistes et un scénario pour 2 à 6 joueurs, et d’une variante « sous amphétamines » du système, Freebooter’s Fate « Battles! », composée d’un deck de 140 cartes (bataille, équipements, événements, Loa) optimisées pour s’affranchir d’un certain nombre de limites…

Si nous sommes de sacrés pirates, sur vos crânes on fait « Cric » ! On fait « Crac » !

« OK, c’est bien joli tout cela, mais comment cela se joue », allez-vous me dire…

La mécanique

Chaque joueur va concevoir son équipage de renégats, généralement de 8 à 10 figurines pour un coût  alant de 250 doublons à 500 doublons, voire plus si affinités ; pour information, les starters commercialisés proposent des équipages de 300 doublons.

Après, la mise en place est des plus classiques : après avoir déterminé l’initiative avec les cartes Destin, chacun se met en position à tour de rôle, on choisit qui débute en comparant les valeurs de moral des capitaines belligérants auxquelles on ajoute aussi la valeur d’une carte Destin tirée au hasard et on commence les hostilités.

Le côté sympathique repose sur l’activation à tour de rôle d’une figurine, qui pourra réaliser soit deux actions simples, soit une action complexe, ce qui apporte à mon humble avis une très bonne dynamique de jeu.

Les actions possibles sont pléthoriques, elles se voient agrémentées de bonus / malus adaptés à la situation : mouvements, sur terre, dans l’eau, sauts combats, interactions avec les décors pour trouver des trésors ou éliminer des obstacles à votre progression…

Par contre, il vous faudra être vigilant lors de vos déplacements et/ou autres cascades, car il est interdit de pré-mesurer. Les distances s’évaluent en centimètres, ce qui est appréciable.

Pour ce qui est du combat, le système est particulièrement astucieux et plaisant à pratiquer, combinant bluff et mémorisation des cartes jouées :

  • L’attaquant va prendre autant de cartes Localisation que sa valeur d’Attaque, pour cibler des zones précises
  • Le défenseur va prendre autant de cartes Localisation que sa valeur de Défense, pour protéger des zones précises
  • L’attaquant énumère les zones qu’il a choisies et le défenseur indique si la zone est protégée ou non : si c’est le cas, tant mieux, sinon on applique les dégâts.
  • Les dégâts sont déterminés par l’opposition de la valeur de la Force de l’arme – ou du bras en corps à corps -, à laquelle on ajoute la valeur d’une carte Destin, à la valeur d’Endurance du personnage ciblée – toujours augmentée d’une carte Destin -.
    Si l’attaque surpasse la défense, la différence représentera le nombre de dégâts infligés, sinon, il ne se passe rien.
    Enfin, on vérifie si la blessure reçue est critique par l’ultime tirage d’une carte Destin.
    Si la valeur de cette dernière est plus petite ou égale, il s’agira d’une blessure critique, qui handicapera la figurine sur cette localisation et l’affaiblira sur une caractéristique ; par exemple, une blessure critique à l’abdomen réduira la valeur de Défense – le personnage est trop occupé à maintenir ses boyaux en place :) -, une blessure aux jambes la valeur de Mouvement, etc.
  • Un personnage meurt si ses points de vie passent à zéro (logique implacable), s’il obtient deux blessures critiques sur la même Localisation ou s’il obtient trois blessures critiques quelle que soit la Localisation.

Pour en savoir plus, sachez qu’il existe un certain nombre de documents électroniques mis à disposition par Freebooter Miniatures sur son site officiel : abrégés de règles, indexes, tokens, scénarios gratuits…

Donc n’hésitez point !!

« Tous les trésors ne sont pas d’argent et d’or » – Jack Sparrow

Freebooter’s Fate a tous les atouts d’un excellent jeu d’escarmouche : univers pittoresque bien décrit, intéressant et vivant, belle esthétique globale des figurines, mécaniques ludiques, bien conçus et accessibles…

C’est un réel plaisir à peindre et à jouer, je puis vous l’assurer !!

Cependant, si vous souhaitez vous lancer dans l’aventure, prenez garde à ces quelques ombres au tableau :

  • C’est un jeu qui prend de la place : comme dit plus haut, on parle de tables 120x120cm, avec force décors en de tailles variées, pour permettre de déployer toute la gamme des possibilités.
    Si vous êtes des passionnés du hobby jusqu’au bout des ongles, ce type de prévention vous fera sourire, vous êtes déjà perdus :) .
    En ces temps où les projets K3 (Kickstarter Kiloplastiques Kolossaux) volent bas sur les chaumières, c’est une donnée spatiale et financière à prendre en compte, comme pour les autres jeux du même acabit ^^

 

Tiens, j’ai reçu Mythic Battles: Pantheon…
  •  Si l’existence du livre de règles et du set de cartes de base dans notre idiome est assurément une bonne chose – comme pour Malifaux d’ailleurs -, pour l’instant, pas d’écho radar d’une traduction des suppléments suivants ou d’alignement sur les bundles « prêts-à-jouer » disponibles… L’achat se fait à part.
    En outre, la version Française n’est pas dénuée de petites coquilles, pas dans d’énormes proportions mais c’est toujours un peu crispant…
  • Enfin, la disponibilité des figurines en boutique est quasi-inexistante dans notre contrée.
    Il vous faudra vous orienter vers les boutiques en ligne comme l’inoxydable Wayland Games ou la boutique officielle de l’éditeur.
    Ou encore profiter des salons où cet éditeur se déplace – Spiel à Essen, Crisis à Anvers et quelques autres occasions -, il y a possibilité de bénéficier de très beaux bundles et remises intéressantes.

 

“L’aventure c’est le trésor que l’on découvre à chaque matin.” – Brel

L’éditeur fait preuve d’un beau dynamisme autour de son jeu depuis maintenant 7 ans et son énergie ne va pas en s’amenuisant.

Outre les sorties régulières qui étoffent les factions existantes, Freebooter Miniatures s’est fendu d’une variante piracy-fantasy football de son jeu, Ironball, en ajoutant le nécessaire aux core rules et permettant d’employer les équipages dont on dispose. Pas sûr que cela puisse concurrencer les ténors du genre que sont Blood Bowl et Guild Ball, mais cela peut être distrayant :)

© Freebooter Miniatures

Ces réserves ayant été émises, je ne peux que vous inviter à embarquer dans l’univers de Freebooter’s Fate, son approche originale, son thème enivrant comme le vieux rhum, saura séduire aussi bien les vieux loups de mer ou jeunes mousses qui sommeillent en vous…

En tout cas, en achevant l’écriture de cet article, je ne peux vous cacher qu’il me tarde de reprendre la mer pour obtenir fortune et gloire !!!

Nous nous reverrons peut-être un jour au détour d’une taverne, à déguster une outre de vieux rhum et conter nos péripéties de malandrins :)

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